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CAMPAGNES SOLIDAIRES


Campagnes solidaires est le mensuel de la Confédération paysanne, engagé avec les paysans et les acteurs du mouvement social dans l'émergence d'autres mondes possibles.

C'est un point de ralliement pour ceux qui veulent comprendre les réalités de la vie et des luttes paysannes dans le monde et ici en Europe.

C'est aussi un espace pour ceux qui veulent s'exprimer sur ces réalités et la manière d'agir sur elles.

Informer, c'est contribuer au débat sur les sujets de société tels que les OGM, la sécurité alimentaire et la mondialisation...

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Le numéro du mois

n° 425 - mars 2026
Editorial Sommaire
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Dossier

Introduction dossier luttes sanitaires


Les dossiers sont disponibles en téléchargement trois mois après parution [voir dans la rubrique ARCHIVES]

Le téléphone sonne, une éleveuse à l'appareil. Une de ses vaches a réagi au test (peu fiable) de la tuberculose. Elle a attendu le vêlage de la vache en question avant de la faire abattre ce qui lui vaut les foudres de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) et un courrier incendiaire. Malgré la mobilisation de la Confédération paysanne locale, l'abattage total ne sera pas évité. Heureusement, d'autres luttes ont permis de faire évoluer la législation en favorisant les abattages partiels dans le cas de la tuberculose. Car oui, les luttes paient… à long terme, hélas.

Comme le rappelle ce dossier, les revendications portées par la Confédération paysanne pour l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB*) en 1996 ont été validées par l'Union européenne en 2000 et 2001. On revit aujourd'hui la même chose à travers la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) avec, comble de l'horreur pour les éleveuses et éleveurs, l'abattage sur place (comme dans les cas de grippe aviaire) et la destruction des animaux. Il nous faut continuer à nous battre contre ces abattages totaux, inhumains et inacceptables.

À travers ces luttes, nous défendons une politique sanitaire, quand les filières, les syndicats qui se prétendent majoritaires et l'administration ne font que défendre une politique commerciale. Si l'agriculture paysanne travaille avec la nature et considère les animaux comme des êtres vivants, bien d'autres n'y voient qu'un moyen de production interchangeable et considèrent la nature comme dangereuse. Avec ce raisonnement, l'abattage à grande échelle semble être la solution. Cette folie destructrice ne concerne pas que les animaux de rente, mais aussi les insectes, blaireaux, bouquetins ou oiseaux sauvages.

Alors que la solution passerait par une baisse de densité d'élevage, une variété génétique et une autonomie des fermes, le système actuel prône tout le contraire avec une spécialisation et une segmentation de la production multipliant transports et extension des risques. Si l'on ajoute le bouleversement climatique ou l'effondrement de la biodiversité, il est urgent de changer de politique sanitaire et de rompre avec cette volonté éradicatrice mortifère.

On peut aussi déplorer l'affaiblissement de la recherche publique et des services de l'État concernant le sanitaire. À ce jour pour la DNC, seul le cas de l'Ain est documenté par une étude épidémiologique. Dans le cadre de cette recherche, ne faudrait-il pas travailler sur une vraie biosécurité de résultats (et non de moyens) comme a essayé de le faire entendre l'étude de la Fadear à des gens qui ignorent tout de nos modes d'élevages.


Denis Perreau, paysan en Côte-d'Or

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